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Le SAVOIR-AGIR
à l'ère de
l'intelligence artificielle
Par Éric Mateu-Huon
Rendre l’IA et les transitions concrètes.
Pour éclairer les futurs du travail au Québec.
Tout le monde sait que le travail change.
Peu savent quoi faire dans l’action.
Résultat concret :
▪ Clarifier le travail réel (qui fait quoi, où ça change)
▪ Décider avec méthode (automatiser, augmenter, préserver)
▪ Transformer ça en compétences actionnables et en plan sur 30 jours
Le SAVOIR-AGIR, ce n’est pas comprendre le changement. C’est décider et agir en situation, avec méthode, pendant que le travail change.
▪ Ce n’est pas un outil.
▪ Ce n’est pas un vocabulaire.
▪ Ce n’est pas un discours inspirant de plus.
Le SAVOIR-AGIR, c’est la capacité de savoir quoi faire, avec quoi le faire (IA ou pas), et comment le faire pour créer de la VALEUR humaine. Il se vérifie par un résultat utile et assumé, quand on a la volonté et les moyens d’agir.
Le moteur de cette démarche, c’est l’esprit critique. Questionner, vérifier, décider. Puis agir.
On ne commence pas par l’IA.
On commence par le travail réel.
▪ Quelles tâches bougent ?
▪ Quelles tâches automatiser ?
▪ Quelles tâches augmenter avec l'IA ?
▪ Quelles tâches doivent rester humaines ?
À partir de là, on arbitre.
Puis on traduit ces choix en compétences critiques et en actions utiles.
Parler compétences ne suffit pas. Décider avec les compétences améliore la qualité des choix, en reliant chaque décision à ses effets sur le travail réel.
Mes conférences et ateliers structurent un enjeu flou en décisions claires.
Vous repartez avec une grille simple, des priorités nettes et un plan d’action court, adapté à votre contexte. Pas de jargon.
Pas de paillettes. Pas de fausse complexité. Juste une méthode qui fait passer du discours à l’action.
En conférence, j’aide à clarifier qui fait quoi quand les tâches bougent, puis à arbitrer avec méthode : automatiser, augmenter, préserver.
Parlez-moi de votre contexte, je vous propose un format, un angle, et une première piste de plan d’action.
L’IA exécute des tâches.
L’humain arbitre, décide
et assume le résultat.
C’est là que le SAVOIR-AGIR
fait la différence !
Mes repères et cadre de référence pour le SAVOIR-AGIR...
Je m’appuie sur des repères théoriques et pédagogiques qui maintiennent une exigence académique, tout en restant ancrés dans le travail réel et les situations professionnelles.
Henri Boudreault, qui a été mon professeur à l’UQAM, a structuré ma manière de relier apprentissage, action et professionnalisation. Son influence se traduit par une pédagogie à visée andragogique, centrée sur l’action, la mise en situation et la préparation au travail réel.
Dans cette même logique, David A. Kolb et Philippe Perrenoud consolident l’idée que l’apprentissage devient puissant lorsqu’il prépare à agir, transférer et traiter des situations complexes, pas seulement à restituer.
Cette orientation vers l’action appelle ensuite une question centrale : qu’est-ce qu’agir avec compétence, dans le réel.
Avec Guy Le Boterf, un mentor qui a fortement influencé ma façon de penser la compétence, je situe la compétence là où elle compte vraiment : dans l’action réussie en situation. Elle ne se résume ni à un savoir, ni à une intention, ni à une qualité personnelle. Elle se manifeste lorsqu’une personne sait agir avec pertinence, en combinant et en orchestrant des ressources hétérogènes selon les exigences du contexte.
Dans cette logique, agir avec compétence, c’est mobiliser et articuler des ressources personnelles (connaissances, savoir-faire, expérience, posture, autorégulation, discernement), des ressources organisationnelles (processus, règles, collectif, données, repères qualité) et des outils numériques, dont l’IA, pour produire un résultat pertinent et maîtrisé. L’enjeu n’est pas d’avoir plus de ressources, mais de savoir lesquelles activer, dans quel ordre, avec quels arbitrages, et avec quelle responsabilité face aux effets produits.
C’est exactement là que j’ancre mon concept de SAVOIR-AGIR : une capacité à décider et à agir dans le réel, avec jugement, sens des conséquences et redevabilité. À l’ère de l’IA, cette filiation est précieuse, car elle évite deux pièges symétriques : confondre la performance technique avec l’action compétente et réduire la compétence à l’outil seul.
L’IA peut augmenter certaines tâches, accélérer certains traitements, élargir certains accès. Mais le SAVOIR-AGIR demeure le pivot dès qu’il faut contextualiser, arbitrer, assumer une décision, et répondre de ses impacts dans une situation concrète.
Sur le plan de l’évaluation, Jacques Tardif rappelle une exigence centrale : une compétence ne se valide pas par l’intention, mais par des manifestations observables. Situations authentiques, traces pertinentes et critères explicites deviennent alors essentiels pour évaluer le SAVOIR-AGIR.
Mais ce qui rend ces manifestations possibles, surtout quand le réel résiste, c’est la qualité du jugement. C’est ici que Donald A. Schön devient un repère décisif. Il met au centre la réflexivité : réfléchir dans l’action, puis revenir sur l’action, surtout lorsque le réel résiste aux procédures. Dans cette perspective, l’esprit critique est une compétence en situation : questionner ses hypothèses, vérifier, puis ajuster son jugement. À l’ère de l’IA, c’est un garde-fou essentiel pour valider, contextualiser et assumer les effets des décisions.
Laurence Devillers apporte un repère essentiel à l’ère de l’IA : l’intelligence artificielle n’est pas un décideur, c’est une médiation. En travaillant sur l’interaction humain-machine et la responsabilité, elle permet de prolonger le SAVOIR-AGIR dans un environnement assisté par des systèmes intelligents. L’augmentation ne déplace pas la responsabilité. Elle en renforce l’exigence : vérifier, interpréter, arbitrer et répondre des décisions prises.
Enfin, le paradoxe de Hans Moravec (1988) m’aide à cadrer l’IA sans fascination ni rejet. Il met en évidence une asymétrie : la performance dans les tâches formelles n’équivaut pas automatiquement à la robustesse de l’action située. Cela renforce l’idée que le SAVOIR-AGIR devient critique dès qu’il faut arbitrer dans l’incertitude, gérer des contraintes et répondre des effets produits.
Le SAVOIR-AGIR constitue le socle de mes travaux sur le travail réel, la décision et la responsabilité en situation.
À l’ère de l’intelligence artificielle, ce cadre
évolue vers un SAVOIR-AGIR augmenté.
Ici, « augmenté » ne signifie pas « meilleur grâce à l’IA », mais « plus exigeant » : décider quoi automatiser, quoi augmenter et quoi préserver sous responsabilité humaine, avec vérification et traçabilité. L’enjeu n’est donc plus seulement de mobiliser des ressources, mais d’arbitrer, de façon située, ce qui peut être confié aux systèmes, ce qui doit rester piloté par le jugement humain, et ce qui engage une responsabilité directe dans l’action.
Mes recherches visent à formaliser ces critères de jugement, à les rendre observables dans le travail réel et à en mesurer les effets sur les compétences et la qualité de la prise de décision.
Dans la forêt du changement, ce n’est pas l’arbre le plus visible qui compte, mais le chemin que l’on choisit… et que l’on assume.
– Éric Mateu-Huon

Références clés
1. OECD. (2026). OECD Digital Education Outlook 2026: Exploring Effective Uses of Generative AI in Education.
OECD Publishing (Paris). DOI: 10.1787/062a7394-en
2. Le Boterf, G. (2010). Construire les compétences individuelles et collectives: Agir et réussir avec compétence, les réponses à 100 questions
(5e éd.). Éditions d’Organisation (Eyrolles).
3. Tardif, J. (2006). L’évaluation des compétences: Documenter le parcours de développement.
Chenelière Éducation (Montréal).
4. Schön, D. A. (1983). The Reflective Practitioner: How Professionals Think in Action.
Basic Books (New York).
5. Kolb, D. A. (2014). Experiential Learning: Experience as the Source of Learning and Development
(2nd ed.). Pearson Education.
Les contenus de Socrate.quebec reflètent mes travaux et mes prises de position à titre personnel. Ils n’engagent ni l’Obvia, ni le RRECQ, ni l’Acfas.

Les Futurs du travail
au Québec :
une méthode,
pas une prédiction !
J’utilise volontairement « les Futurs du travail » au pluriel, parce qu’au Québec, il n’existe pas un seul scénario, mais plusieurs trajectoires possibles selon les secteurs, les régions et nos choix collectifs.
Alors, comment décider quand tout bouge, sans boule de cristal ?
Je ne prétends pas prédire. Je propose une méthode (parmi d’autres) pour naviguer cette incertitude : clarifier le travail réel, repérer les tâches qui bougent, puis décider quoi automatiser, quoi augmenter et quoi préserver, du côté humain.
Le véritable enjeu, c’est le SAVOIR-AGIR : transformer une réponse en décision, puis en action utile. Garder le jugement humain là où il crée réellement de la valeur. Décider avec lucidité, et assumer les effets.
Les Futurs du travail au Québec, c’est une question de tâches : qui fait quoi, avec quel jugement.
Dans mes conférences et ateliers, j’aide les organisations, directions et équipes RH à lire plus clairement les transformations du travail. On rend les règles explicites, on sécurise les usages de l’IA, puis on traduit les choix en décisions concrètes, en langage commun et en plan de mise en action.
Mon approche est simple et opérationnelle :
penser par les tâches, agir par les compétences, décider avec jugement.
Éric Mateu-Huon
CONFÉRENCIER
Expert-conseil en transformation du travail
et évolution des compétences
Pour comprendre mon regard d’aujourd’hui, il faut remonter le fil d’un parcours atypique, entre innovation, entrepreneuriat et transmission...
■ Repère institutionnel
L’OCDE, dans le Digital Education Outlook 2026, met en lumière l’intérêt des tuteurs IA fondés sur le questionnement socratique. Cette perspective rejoint directement l’esprit de Socrate.quebec : avant d’automatiser une tâche, il faut d’abord savoir poser les bonnes questions. Consulter le rapport
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